Absent du pays depuis près de deux mois, le président camerounais a procédé à une série de promotions et nominations au sein de l’armée. L’occasion de verrouiller un peu plus l’appareil militaire, alors que les inquiétudes sur sa santé sont légion.
Le président camerounais, Paul Biya, a procédé, ce 3 août, à une série de nominations et de promotions, par décret, au sein de l’administration centrale de l’armée. L’acte majeur de cette restructuration militaire est l’accession de cinq colonels au grade de général de brigade, le plus haut rang au sein des forces de défense. La figure de proue de cette vague de promotions est Raymond Jean Charles Beko’o Abondo.
Cet influent commandant de la garde présidentielle, mais aussi quatre autres hauts cadres de la gendarmerie et de l’armée de terre, ont été promus : Eloundou Mesmin Magloire Aristide, actuel directeur adjoint de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE), Nchankou Mbouombouo Njindam Oumar, sous-chef des opérations à l’état-major des armées, Epié Ngome Wilson, commandant du 21e Régiment d’artillerie sol-air d’Edéa, et Mezui Zo’o Elie Romance, commandant de la Brigade d’intervention rapide (BIR) à Bafoussam.
Des nominations, et une réorganisation
Paul Biya a également procédé à une réorganisation stratégique majeure au ministère de la Défense dont la principale mesure est la désignation du général de division Ebaka Hypolite, 73 ans, au poste de major-général des armées qu’il cumule avec celui de major-général de l’armée de terre. Choisi pour remplacer le général Tchemo Hector Marie, admis à la retraite le 28 juillet dernier, il devient le numéro 2 officiel des forces de défense camerounaises, et second de René Claude Meka, chef d’état-major des armées.
De santé précaire, René Claude Meka est absent de son poste depuis le premier trimestre 2026. C’est pourquoi Ebaka Hypolite devrait devenir la nouvelle figure principale des forces de défense. La désignation du natif de Bibey, dans le département de la Haute-Sanaga (région du Centre), a suscité le débat. En effet, quelque 60 % des officiers nouvellement promus sont des Bétis, comme Paul Biya, et l’hypothèse d’un verrouillage ethnique est largement répandue dans l’opinion.
Un double objectif pour Paul Biya
À travers cette séquence, le chef de l’État a atteint deux objectifs : d’un côté, le président, qui n’a plus été vu en public depuis son départ du Cameroun le 7 juin dernier et dont l’absence nourrit les rumeurs sur son état de santé, souhaite renforcer son autorité et montrer qu’il garde la main sur l’appareil étatique, même si certains détracteurs doutent du fait qu’il le contrôle encore.
De l’autre, Paul Biya a ainsi verrouillé son propre dispositif sécuritaire, avec désormais quatre généraux à la tête des unités qui assurent sa protection : Emmanuel Amougou, qui dirige l’état-major particulier du président, Ivo Desancio Denwo, patron de la Direction de la sécurité présidentielle (DSP), Joseph Fouda, conseiller spécial, et, désormais, Raymond Jean Charles Beko’o Abondo, commandant de la garde présidentielle.
