L’opposant centrafricain Anicet-Georges Dologuélé attend toujours son passeport. Depuis son élection en qualité de député siégeant à l’Assemblée nationale, il ne peut pas quitter le territoire. Le pouvoir lui impose d’observer la procédure classique de réintégration afin d’obtenir son document de voyage.
Dans une interview accordée cette semaine à nos confrères de Radio Ndeke Luka, Anicet-Georges Dologuélé dénonce « un blocage arbitraire ». Dans ses arguments, il se réfère à la décision du Conseil constitutionnel qui avait validé sa nationalité et son dossier lors des élections de 2025. Selon lui, il n’est pas assujetti à la procédure de réintégration, car la perte de sa nationalité n’avait pas été actée par un décret, d’après cette décision.
L’exécutif centrafricain n’entend pas les choses de cette oreille. Son porte-parole, Évariste Ngamana, lors d’un point de presse cette semaine à Bangui, maintient le refus de délivrer le passeport à l’opposant. Selon lui, il s’agit d’une stricte application de la loi administrative et non d’une mesure politique. Il se réfère à l’article 10 de la Constitution et au Code de la nationalité, qui stipulent qu’un Centrafricain majeur ayant acquis volontairement une nationalité étrangère perd sa nationalité d’origine, à moins d’effectuer une procédure de réintégration.
Pour rappel, avant les élections de 2025, le Tribunal de grande instance (TGI) de Bangui avait invalidé le certificat de nationalité de Dologuélé, car ce dernier avait acquis la nationalité française en 1994. La décision avait été retoquée par le Conseil Constitutionnel, mais depuis cette polémique, l’opposant se retrouve toujours sans passeport centrafricain.
