La toute nouvelle maison d’édition du Musée des Civilisations Noires, baptisée « Déberlinisation Lab », a officiellement lancé l’ouvrage d’Ousmane Sonko intitulé « Continuer Fanon » (Wéyal Fanon / Continuing Fanon). Ce livre, proposé au prix de 10 000 FCFA, se présente comme un manifeste politique et philosophique s’inscrivant dans la lignée de la pensée de Frantz Fanon, figure emblématique de la lutte anticoloniale. Pour l’auteur, l’urgence de cette réflexion demeure intacte car, comme il le souligne en préambule, « tant qu’il y aura des peuples humiliés, tant qu’il y aura des damnés de la terre, tant qu’il y aura un vent de domination qui souffle sur notre continent, Fanon restera vivant ».
À travers ces pages, l’actuel Premier ministre sénégalais déploie une pensée qualifiée d’« anti-système » et panafricaine, mûrie durant ses années d’opposition et confirmée par son accession au pouvoir. L’ouvrage retrace les piliers de son projet politique, notamment le départ des bases militaires étrangères, la renégociation des contrats sur les ressources énergétiques et le refus de la restructuration de la dette telle qu’imposée actuellement.
Pour les éditeurs, Ousmane Sonko incarne l’espoir d’une génération en quête de souveraineté, ayant transformé ses années de lutte en une « véritable assise populaire pour un projet de rupture profonde avec l’ordre néocolonial ».
La démarche de l’ouvrage est également marquée par une volonté de réappropriation culturelle et linguistique, le titre et les thématiques étant déclinés en français, en wolof et en anglais. Cette pluralité reflète l’ambition de l’auteur de toucher un public large tout en réaffirmant une identité africaine fondée sur une « revalorisation de nos mémoires ».
Le livre pose une question fondamentale qui sert de fil conducteur à l’ensemble de la réflexion : « comment achever ce que Fanon a commencé ? ».
C’est une invitation à une action concrète pour achever le processus de libération du continent.
Publié sous l’égide du Musée des Civilisations Noires, cet ouvrage dépasse le simple cadre de la biographie politique pour devenir un outil de contribution au débat sur la décolonisation des esprits et des structures économiques
