Seneweb en sait un peu plus sur les secrets de l’enquête concernant l’arrestation d’un faux procureur par la Sûreté urbaine du commissariat central de Thiès. Selon nos sources, le mis en cause a violé une dame devant son bébé de deux mois. Les enquêteurs de la SU de la Cité du rail ont découvert des vidéos intimes de filles sénégalaises dans le téléphone du suspect. Voici les détails de l’enquête.
Une dame perd connaissance à la réception d’un hôtel
Tout commence le 1er mai 2026, aux environs de 19 heures 30 minutes, lorsque la Sûreté urbaine du commissariat central de Thiès est alertée téléphoniquement par un responsable de l’hôtel Bidew Bi. Une dame vient de perdre connaissance à la réception de l’établissement et les sapeurs-pompiers ont été contactés pour son évacuation. Les policiers se transportent immédiatement sur les lieux, mais la dame a déjà été évacuée à leur arrivée. Le personnel de l’hôtel leur indique cependant qu’elle prétendait avoir été kidnappée par un client occupant la chambre numéro 08, un certain Souleymane Sow, né en 1982 à Rufisque, se disant commerçant et domicilié à la cité Serigne Mansour à Rufisque.
La victime identifiée à l’hôpital
Un transport à l’hôpital permet aux enquêteurs d’identifier la victime. Il s’agit de K. Ba, âgée de 20 ans, ménagère et domiciliée à Yenne, où elle était venue avec sa fille F.D., âgée de seulement deux mois. Entendue par les policiers, elle livre le récit glaçant de ce qu’elle vient de vivre.
Une relation amoureuse piégée sur Facebook
K.Ba explique avoir fait la connaissance du mis en cause sur Facebook au début du mois d’avril 2026, sous le faux nom de Chérif Ba. Les deux échangent leurs numéros de téléphone et entament une relation amoureuse à distance. Sous l’emprise de cette relation, la jeune femme lui envoie des vidéos très intimes de son corps, à sa demande. Ce n’est que le 1er mai 2026 que les deux décident de se rencontrer pour la première fois à Thiès, sur proposition du mis en cause. Pour faciliter le déplacement, Souleymane Sow lui envoie la somme de 2 000 FCFA par Wave afin de couvrir son transport depuis Yenne jusqu’à Thiès, avec son bébé.
Le piège de l’hôtel
À son arrivée à Thiès, K. Ba prend un taxi et passe son téléphone au chauffeur pour que son amant lui indique l’adresse. C’est à ce moment seulement qu’elle réalise qu’elle est conduite dans un hôtel. Souleymane Sow règle la course et l’installe dans une chambre. Après lui avoir proposé à manger, il tente d’avoir un rapport sexuel avec elle. La jeune femme refuse catégoriquement. Malgré ce refus explicite, le mis en cause passe à l’acte et la viole en présence de son bébé de deux mois.
Profitant d’un moment où Souleymane Sow se rend sur le balcon, K.Ba saisit l’occasion pour appeler discrètement sa sœur domiciliée à Thiès, lui signalant qu’elle est retenue contre son gré. La sœur et son mari se présentent aussitôt à la réception de l’hôtel. Dès que la porte de la chambre est ouverte, la victime s’enfuit en courant avec son bébé et s’effondre à la réception, perdant connaissance.
Des vidéos intimes et un mode opératoire bien rodé
Interpellé et entendu, Souleymane Sow reconnaît les circonstances de leur rencontre mais soutient que le rapport sexuel était consenti. Les enquêteurs démontent rapidement cette version. L’exploitation de son téléphone portable révèle en effet que K.Ba l’avait explicitement prévenu, lors de leurs échanges, qu’elle ne pouvait pas entretenir de rapport sexuel avec lui.
Mais ce n’est pas tout. Les enquêteurs découvrent dans l’appareil des vidéos intimes de plusieurs jeunes filles sénégalaises, faisant d’elles des victimes potentielles du mis en cause. L’une d’elles, domiciliée à Thiès, est contactée et entendue. Elle déclare avoir connu Souleymane Sow sous le nom de Chérif Ba, cette fois présenté comme agent administratif à l’AIBD. Les deux avaient entretenu une relation amoureuse qui était allée jusqu’au stade des préparatifs de mariage. Le jour de la rencontre avec sa famille pour finaliser les modalités, l’homme s’était excusé, prétextant devoir se rendre à la banque pour régler ce qui venait d’être convenu. Il n’est jamais revenu. Les autres victimes identifiées dans le téléphone ont indiqué ne pas être disponibles pour se déplacer à Thiès dans les délais impartis.
Le faux procureur démasqué
Au cours de l’enquête, un autre coup de théâtre survient. Un individu se présente spontanément au commissariat pour signaler qu’il a lui aussi été victime des agissements de Souleymane Sow. Ce dernier s’était en effet présenté à son bar en se faisant passer pour le procureur Abdou Aziz Sow, affecté au tribunal de Thiès. Après l’avoir formellement reconnu parmi les gardés à vue dans la cellule, le plaignant explique que le faux magistrat avait consommé de l’alcool dans son établissement avant de se présenter comme procureur, affirmant qu’il allait régler l’ensemble de la note. L’addition s’élevait à 44 400 FCFA. Il ne s’en est jamais acquitté.
Au terme d’une garde à vue prolongée, Souleymane Sow, alias Chérif Ba, alias le procureur Abdou Aziz Sow, a été déféré devant le procureur le 6 mai 2026 pour répondre de l’ensemble de ses agissements.
