Plusieurs milliers de Marocains ont manifesté dimanche 19 avril à Rabat en soutien aux Palestiniens et contre une récente loi israélienne sur la peine de mort, taillée sur mesure pour ne s’appliquer qu’à eux.
Le cortège s’est élancé dimanche le long de l’avenue Mohammed V, au centre de la capitale Rabat, brandissant des drapeaux palestiniens et marocains. Plus de 5 000 personnes étaient rassemblées, selon les journalistes de l’AFP. Aucun chiffre n’a été donné par les autorités.
« Non à la peine de mort », « non à l’occupation et au sionisme », « Gaza affamée », scandaient les manifestants venus à l’appel du Groupe d’action national pour la Palestine, rassemblant des islamistes dont le parti Justice et développement (PJD), et des militants de gauche.
« Je manifeste aujourd’hui contre la situation alarmante à Gaza et le ciblage des civils« , a déclaré Najoua Ouahbi, 26 ans. « Nous apportons notre soutien aux prisonniers palestiniens qui sont menacés par cette nouvelle loi sur la peine de mort », a expliqué pour sa part Aziz El Hannaoui, un membre de la coalition organisatrice.
Rejet de la normalisation avec Israël
Selon cette loi israélienne, toute personne « qui cause intentionnellement la mort d’une [autre] dans le but de porter atteinte à un citoyen ou résident israélien, avec l’intention de mettre fin à l’existence de l’État d’Israël, sera condamnée à mort ou à la prison à perpétuité ».
Pour les Palestiniens de Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967, le texte prévoit que la peine capitale soit la sanction par défaut si l’homicide est qualifié d’acte de terrorisme par la justice militaire israélienne. La peine de mort existe en Israël mais n’a été appliquée qu’à deux reprises depuis 1948.
À Rabat, les manifestants ont à nouveau exprimé leur rejet de la normalisation de leur pays avec Israël, actée fin 2020. Plusieurs manifestations propalestiniennes de grande ampleur ont eu lieu au Maroc après le début de la guerre dans la bande de Gaza, le 7 octobre 2023. Plus de 72 500 personnes y ont été tuées depuis octobre 2023, dont plus de 770 depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu fragile le 10 octobre, selon le ministère palestinien de la Santé.
(Avec AFP)
