Alors que le gouvernement mise sur un boom pétro-gazier pour redresser les comptes publics, le Fonds monétaire international (FMI) tempère l’optimisme de Dakar. Dans ses dernières évaluations, l’institution pointe des déséquilibres majeurs et des perspectives de croissance moins roses que prévu pour 2026.
Le FMI a dû revoir toute sa copie après la révélation d’une « dette cachée » accumulée entre 2019 et 2024. Edward Gemayel, chef de mission du FMI à Dakar, l’admet : « Le cas du Sénégal, avec une dette cachée de cette importance, est inédit ». Près de 7 milliards de dollars n’avaient pas été déclarés sous l’administration Macky Sall.
Le document de programmation budgétaire donne le vertige. Le besoin de financement de l’État en 2026 est projeté à 6 075,2 milliards FCFA. Il servira surtout à rembourser : 4 307,4 milliards FCFA d’amortissement de la dette. Le service de la dette atteindra « plus de 5 100 milliards FCFA en 2026 », soit plus de 25% du budget.
Sans accord avec le FMI, la situation risque de s’aggraver. Moody’s a déjà dégradé 3 fois la note du Sénégal en un an, « au vu de l’augmentation des risques concernant la trajectoire d’endettement ».
Edward Gemayel se veut rassurant : « Il est rare qu’un nouvel accord soit finalisé après une première visite ». Mais pour Dakar, le temps presse. Chaque mois sans accord complique le financement de 2026.
