Le président américain a signé, début janvier, un mémorandum qui acte le désengagement immédiat des États-Unis de 66 organisations internationales jugées contraires aux intérêts américains. Les activités de plusieurs d’entre elles sur le continent en seront directement affectées.
Le champ d’application des décrets de Donald Trump est aussi large que cette signature qu’il aime exhiber sur les documents paraphés. Ce 7 janvier, ce ne sont pas moins de 66 organisations internationales dont les États-Unis se sont désengagés, par un mémorandum adressé aux chefs des ministères et agences exécutives. Le retrait est « immédiat », au motif que lesdites structures ne serviraient « plus les intérêts américains ». La mise en œuvre de ce désengagement doit être organisée, par toutes les structures fédérales concernées, « dans les meilleurs délais ».
America First
L’Afrique est directement concernée par cette mise en retrait. Parmi les 66 organisations internationales boudées figurent notamment la Commission économique pour l’Afrique (CEA), le Bureau du conseiller spécial des Nations Unies pour l’Afrique et le Forum permanent sur les personnes d’ascendance africaine. L’avenir dira quelles seront les conséquences concrètes de ce désengagement, en matière d’opportunités diplomatiques et de financements.
Le continent est aussi indirectement impacté, puisque la plus grande puissance du monde quitte ainsi le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Désengagement continu
Alors que les questions migratoires sont souvent présentées comme très liées à l’Afrique, Washington se retire également du Forum mondial sur la migration et le développement et du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP). Côté économique et social, Trump ne veut plus entendre parler de l’ONU Femmes ni de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced).
La philosophie de ces nouveaux désengagements se trouvait déjà en germes dans le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), décidé lors du premier mandat de Trump, mais aussi dans le démantèlement de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et dans le désengagement de l’Unesco, au début du deuxième mandat.
