En République démocratique du Congo, des représentants de la société civile et des mouvements citoyens des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ont réclamé ce mardi (28.07) la paix et la tenue d’un dialogue inclusif, ils se sont aussi opposés au changement de la Constitution, voulu par le pouvoir de Kinshasa.
Un positionnement politique qui pourrait signifier que ce mouvement est sous contrôle de la rébellion.
Ainsi, dans le rythme de la fanfare, les manifestants de Bukavu sont partis de la place de l’Indépendance et ont marché jusqu’au gouvernorat du Sud-Kivu, munis de banderoles et de pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Non à la balkanisation de notre pays », « Non à la révision de la Constitution », « La paix et rien que la paix », « Non au troisième mandat du président Tshisekedi », ou encore : « Oui au dialogue inclusif ».
« Que la guerre cesse »
Elisabeth, âgée d’une cinquantaine d’années, explique qu' »auparavant, nous pouvions quitter la ville pour aller nous débrouiller au village, mais actuellement, ce n’est plus possible. Partout, c’est la guerre. Nous avons besoin d’une paix durable, et que la guerre cesse ».
Les manifestants ont appelé les autorités congolaises, les différents acteurs politiques et l’AFC-M23 à privilégier un dialogue réunissant toutes les parties prenantes.
Président du cadre de concertation de la Société civile du Sud-Kivu, Mick Mitiki s’oppose au changement de la Constitution et estime que l’inclusivité du dialogue permettrait de rechercher des solutions durables, dans l’intérêt de la nation.
Selon lui, « il n’y a ni besoin, ni opportunité, ni nécessité de procéder à une modification de la Constitution à ce stade. La seule voie de sagesse reste l’ouverture d’un dialogue inclusif entre Congolais, en vue de renforcer le consensus national autour de l’avenir de notre cher et beau pays. Demandons aux Nations unies de donner la chance à la paix, en évitant la logique des sanctions, et nous leur suggérons une approche conciliante visant à renforcer les mesures de confiance et de décrispation ».
La main des rebelles
Cependant, cette initiative est aussi critiquée. Paulin Mulume, un acteur sociopolitique du Sud-Kivu, basé à Kinshasa, estime que l’organisation de cette manifestation a été influencée par les rebelles de l’AFC-M23 et il met en garde contre ce qu’il qualifie d’instrumentalisation de la société civile.
« Les organisateurs de ladite marche, bien qu’ils se disent être de la société civile, devraient être sincère, estime Paulin Mulume. Il est inconcevable qu’une population victime des exactions rebelles puisse manifester pour protester contre les sanctions infligées à ceux qui sont accusés d’avoir commis des exactions à leur encontre. Ils ont forcé les gens à aller prendre part à leur manifestation ».
La marche s’est déroulée dans le calme, sous l’encadrement des policiers et agents de l’ordre récemment formés par les rebelles de l’AFC-M23.
Auteur: La rédaction francophone de la DW
