Malgré les campagnes du Polisario, les exportations marocaines de phosphates du Sahara ont atteint en 2025 leur plus haut niveau depuis plus d’une décennie, selon un rapport de WSRW. L’Inde reste en tête des importateurs, devant le Mexique, pourtant soutien traditionnel du Front.
Malgré les intenses campagnes menées par le Polisario et ses réseaux de soutien en Europe, en Amérique et en Océanie, les exportations marocaines de phosphates extraits au Sahara ont fortement progressé en 2025. C’est ce qui ressort d’un rapport de «Western Sahara Resource Watch (WSRW)», une ONG connue pour sa proximité avec le Front, publié le 29 mai 2026.
Selon l’organisation basée à Bruxelles, 36 navires ont quitté les côtes du Sahara l’an dernier, transportant au total 2,02 millions de tonnes de roche phosphatée. Un volume en nette hausse par rapport aux 1,45 million de tonnes exportées en 2024. La même source estime que de tels niveaux d’exportation n’avaient plus été atteints depuis 2014.
Pour rappel, la même ONG avait indiqué qu’en 2023, 32 navires avaient quitté le Sahara avec 1,6 million de tonnes de minerai de phosphate, en légère hausse par rapport aux 1,2 million de tonnes enregistrées en 2022.
Silence du Polisario
Comme les années précédentes, l’Inde reste le principal client des phosphates du Sahara, avec 1,34 million de tonnes, suivie du Mexique (508 000 tonnes) et de la Nouvelle-Zélande (171 000 tonnes).
La présence du Mexique dans ce classement illustre l’échec du Polisario à convaincre l’un de ses «alliés traditionnels» de boycotter les phosphates du Sahara. Mexico reconnaît en effet la «République arabe sahraouie démocratique (RASD)», sans que cela n’affecte l’intérêt du pays latino-américain pour les phosphates du royaume. En 2022 et 2023, le Mexique occupait même la première place parmi les importateurs.
À rebours des efforts du Polisario, cette dynamique s’inscrit dans un contexte politique et diplomatique favorable à Rabat. Ces deux dernières années ont été marquées par plusieurs évolutions en ce sens, notamment la nouvelle position du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) sur la marocanité du Sahara, ainsi que les déplacements de responsables marocains au Mexique, dont les présidents des deux Chambres du Parlement. Le Front n’a donc pas réussi à entamer les échanges économiques entre les deux pays, à commencer par les exportations de phosphates.
Les importations indiennes ont, pour leur part, fortement augmenté en 2025. Le marché indien a reçu en moyenne deux cargaisons par mois, soit le double des expéditions de l’année précédente, affirme le rapport. Celui-ci conclut en appelant «les entreprises impliquées dans ce commerce à cesser immédiatement tout achat et toute expédition de phosphates du Sahara occidental, jusqu’à ce qu’une solution au conflit soit trouvée».
Ces appels restent toutefois largement ignorés par les multinationales qui investissent dans la région, à l’image de la société publique française Gédia, ou encore de l’entreprise américaine GE Vernova, filiale du géant General Electric.
De leur côté, les médias du Polisario n’ont pas encore relayé le rapport, notamment le passage consacré à la deuxième place occupée par le Mexique parmi les importateurs. Un silence qui rappelle celui observé par la direction du Front au lendemain des cérémonies de signature d’accords de pêche entre le Maroc et la Russie, incluant le Sahara.
