Face à une nouvelle vague de violences xénophobes en Afrique du Sud, Abuja a convoqué le haut-commissaire sud-africain. Le Nigeria rejoint ainsi le Ghana, qui a pris une mesure similaire une semaine plus tôt.
Le gouvernement nigérian a convoqué l’ambassadeur d’Afrique du Sud à Abuja au sujet des attaques xénophobes contre les étrangers dans le pays, a indiqué samedi 2 mai le ministère des Affaires étrangères.
Le haut-commissaire sud-africain doit rencontrer lundi des responsables nigérians pour discuter des « cas avérés de mauvais traitements infligés à des citoyens nigérians et d’attaques contre leurs commerces », a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Kimiebi Imomotimi Ebienfa.
Cette convocation intervient une semaine après celle du ministère ghanéen des Affaires étrangères, qui avait convoqué le représentant de l’Afrique du Sud à Accra au sujet de plusieurs « incidents xénophobes » contre des Ghanéens.
Les agresseurs seront « traduits en justice »
L’Afrique du Sud, économie la plus industrialisée du continent, est depuis longtemps une destination pour les travailleurs africains, en situation régulière ou sans papiers. Mais, confrontée à un taux de chômage supérieur à 30 %, le pays a connu des vagues répétées de manifestations xénophobes et anti-migrants, avec une recrudescence de la violence ces dernières semaines.
Selon l’agence des statistiques, plus de trois millions d’étrangers vivent en Afrique du Sud, soit 5,1 % de la population. Plus de 63 % d’entre eux proviennent de pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).
Le ministre sud-africain de la Police a condamné la semaine dernière les récentes violences anti-immigrés, affirmant que les agressions contre des ressortissants étrangers étaient « »contraires à la loi » et « s’oppos[ai]ent aux principes de dignité, d’égalité et de droits humains qui fondent la démocratie ». Les agresseurs ainsi que leurs soutiens « seront identifiés, appréhendés et traduits en justice », a-t-il assuré.
Dans la pire vague de violence de ces deux dernières décennies, 62 personnes avaient perdu la vie en 2008. De violents heurts ont aussi éclaté en 2015, 2016 et encore en 2019.
(Avec AFP)
