Salif KEÏTA, le chanteur et auteur-compositeur malien, a déclaré l’annulation de ses spectacles programmés en Afrique du Sud à cause des émeutes xénophobes sur le sol sud-africain, soulignant ainsi sa réprobation « de la haine envers (ses) compatriotes africains ».« Je ne peux pas ignorer les rapports sur les violences xénophobes contre nos frères et sœurs africains», a déclaré l’artiste dans une déclaration publiée sur son compte Facebook, laquelle a été examinée par
Salif KEÏTA, le chanteur et auteur-compositeur malien, a déclaré l’annulation de ses spectacles programmés en Afrique du Sud à cause des émeutes xénophobes sur le sol sud-africain, soulignant ainsi sa réprobation « de la haine envers (ses) compatriotes africains ».
« Je ne peux pas ignorer les rapports sur les violences xénophobes contre nos frères et sœurs africains», a déclaré l’artiste dans une déclaration publiée sur son compte Facebook, laquelle a été examinée par l’AFP mercredi.
Il déclare à ce sujet, sans spécifier les dates et lieux en question, que « la situation en Afrique du Sud me force à prendre une décision douloureuse : j’annule mes spectacles commerciaux prévus en Afrique du Sud ».
Salif KEÏTA a expliqué avoir le « coeur si lourd» en prenant cette décision tout en précisant qu’elle ne signifie en aucun cas un rejet des habitants de l’Afrique du Sud, un pays qu’il considère comme un frère, et qui s’est toujours montré accueillant envers lui, non seulement en tant qu’artiste mais également en tant qu’individu, même après la fin de l’apartheid, un système basé sur la ségrégation raciale.
Pour l’artiste, les récentes vagues de protestations et d’agressions xénophobes qui ont ébranlé le pays africain ces derniers temps ne représentent pas « l’Afrique du Sud que je connais – l’Afrique du Sud qui a tenu le coup avec le Mali, et l’Afrique du Sud que Nelson Mandela a construite ».
Après plus de cinq décennies dans le métier, l’artiste âgé de 77 ans, parfois appelé le Cheval blanc en raison de son albinisme, demeure en tournée, mais les concerts sont désormais organisés avec un intervalle plus grand, en raison de préoccupations médicales.
Vers la fin juillet, la chanteuse et compositrice originaire d’Afrique du Sud, Tyla, a quant à elle annulé un concert programmé au Nigeria, en raison d’une tension diplomatique entre ces deux nations due aux actes de violence à caractère xénophobe.
L’Afrique du Sud a de longue date attiré les travailleurs africains, qu’ils soient en situation légale ou non. Cependant, face à un taux de chômage dépassant les 30 %, le pays a été le théâtre de nombreuses manifestations xénophobes et anti-migrants, qui ont parfois tourné au drame.
Depuis la fin du mois de mai, plus de 160 000 personnes ont quitté l’Afrique du Sud, d’après un comptage de l’AFP basé sur les données fournies par les gouvernements africains qui ont orchestré les rapatriements. Parmi ces départs, on compte environ 1 500 Nigérians.
Rémi SOUSSO
