L’entreprise américaine Meta, maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp, va débourser près de 17 milliards de dollars à plusieurs États américains, pour échapper à des poursuites judiciaires.
Elle s’est aussi engagée à restreindre à deux heures par jour l’accès des mineurs à ses réseaux sociaux, avec un accès bloqué de minuit à 6 heures.
La multinationale s’engage aussi à revoir en profondeur ses produits destinés aux jeunes. Qemal Affagnon, directeur Afrique de l’Ouest d’Internet sans frontières, estime que « ces groupes essaient d’étouffer de telles actions parce qu’ils gagnent beaucoup d’argent à travers leurs activités sur les réseaux sociaux et en même temps, ils tentent de préserver leur réputation par tous les moyens, à travers, par exemple, cet accord à l’amiable. »
Des initiatives au Rwanda, au Sénégal, au Gabon
Sur le continent africain, on ne veut pas rester en marge de ce combat pour la protection des mineurs sur les réseaux sociaux. Des réseaux qui, très souvent, entretiennent leur addiction, les exposent à des contenus qui ne sont pas adaptés à leur âge et où ils peuvent aussi être la cible d’internautes malveillants.
« Beaucoup de pays commencent à se doter de lois pour encadrer les activités de groupes comme Meta », estime Qemal Affagnon.
Au Rwanda, un projet visant à restreindre l’accès des moins de 16 ans est en préparation.
Le Nigeria mène des consultations sur d’éventuelles restrictions d’âge, mais aussi sur la vérification de l’identité et la responsabilité des plateformes.
Au Sénégal, un comité a été annoncé, en avril 2026, pour étudier la possibilité de restreindre l’accès à internet pour les moins de 16 ans.
Le Gabon a adopté, en 2026, une réglementation fixant la « majorité numérique » à 16 ans.
Mais, pour Qemal Affagnon, les géants de la technologie pourraient continuer à mener tranquillement leurs activités sur le continent. « Sur le continent africain, il serait intéressant de voir comment ça se passe de façon concrète, quels sont les effets négatifs que ce genre d’activités produit sur les jeunes internautes, explique-t-il. Ça reste un changement qui va intervenir dans les mois à venir pour les jeunes utilisateurs américains. Mais, sur d’autres marchés, il n’y aura pas de telles actions, ils continueront à faire tourner leur business sans garde-fou. »
Des lois adoptées ailleurs dans monde
Ailleurs dans le monde, en Australie, les réseaux sociaux sont interdits depuis décembre 2025 aux moins de 16 ans.
Au Brésil, une loi, entrée en vigueur en mars dernier, oblige les plateformes à relier les comptes des moins de 16 ans à ceux de leurs parents et contraint les plateformes à vérifier l’âge des utilisateurs.
En Chine, où internet est strictement régulé par l’État, l’accès des mineurs aux réseaux sociaux a été progressivement limité depuis 2019.
La Turquie est en passe de rejoindre ce groupe de pays. En effet, une loi adoptée en avril et devant entrer en vigueur fin 2026, exclura les moins de 15 ans des réseaux sociaux.
En Allemagne, enfin, un débat existe pour établir une meilleure protection des mineurs en ligne.
L’Union européenne entend aussi que ses enfants soient protégés, après l’accord conclu par Meta aux Etats-Unis, visant à réduire l’impact d’Instagram ou de Facebook sur les adolescents.
Auteur: Georges Ibrahim Tounkara
