Profitant de la visite d’État du président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema en France, les avocats de l’opposant Alain-Claude Bilie-By-Nze
À l’occasion de la visite d’État du président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema à Paris, les avocats de l’opposant Alain-Claude Bilie-By-Nze appellent la France à intervenir en faveur de sa libération.
Incarcéré depuis le 16 avril, l’ancien Premier ministre est poursuivi dans le cadre d’une enquête portant sur des faits présumés d’abus de confiance et d’escroquerie remontant à 2008. Ses avocats estiment que l’action publique est prescrite depuis 2011 et dénoncent une « détention politique » ainsi que des conditions de détention qu’ils jugent inhumaines.
Nous demandons l’amicale pression de la France. Nous demandons un rappel des principes dont se prévaut d’ailleurs, lorsqu’il est interviewé, le président du Gabon. Il y a un homme en prison dans des conditions indignes, enfermé 24 heures sur 24 dans une cellule de cinq mètres carrés. Il va bientôt avoir 60 ans. Ces conditions visent très clairement à le briser. Nous demandons une réaction des autorités françaises, explique Arthur Vercken, avocat d’Alain-Claude Bilie-By-Nze.
Les conseils de l’opposant affirment que la procédure est entachée de nombreuses irrégularités et soutiennent que les faits reprochés ne reposent sur aucun fondement pénal sérieux. Ils rejettent également toute accusation d’ingérence.
Y voir une intervention pseudo-colonialiste, je ne le pense pas. La même démarche pourrait être engagée avec d’autres pays africains qui ne sont pas d’anciennes colonies françaises. Considérer les choses ainsi serait totalement hors sujet, ajoute-t-il.
Ancien Premier ministre d’Ali Bongo et principal adversaire de Brice Clotaire Oligui Nguema à l’élection présidentielle de 2025, Alain-Claude Bilie-By-Nze s’était récemment opposé à la suspension des réseaux sociaux et à la réforme du code de la nationalité.
De son côté, la présidence gabonaise affirme respecter l’indépendance de la justice et rejette toute intervention de l’exécutif dans cette affaire.
