Le Brent de la mer du Nord a cédé plus de 10 dollars pour clôturer la semaine qui s’est achevée vendredi à 92,05 dollars.
C’est une véritable hémorragie! Le Brent de la mer du Nord a cédé plus de 10 dollars entre le 22 et le 29 mai. Si on ajoute les pertes enregistrées auparavant (du 15 au 22 mai), la référence européenne, internationale, du marché de l’or noir aura plongé d’environ 17 dollars. Une saignée! Il faut dire qu’hormis la journée mardi, la semaine a été cauchemardesque pour les cours du pétrole. Une série noire qui a commencé dès les premiers échanges de leur première séance de cotation, le 25 mai, sur fond d’espoir d’accord entre les États-Unis et l’Iran pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient, malgré les propos du président américain qui n’en annonçait pourtant pas l’imminence. Les cours du pétrole se rattraperont de fort belle manière le lendemain.
Le baril de Brent tutoyant les 100 dollars, après des attaques américaines en Iran et des menaces de Téhéran qui viendront écorner les apparents progrès pour un cessez-le-feu durable.
Les signes d’ouverture de ces derniers jours entre les deux belligérants ont de nouveau cédé la place à des échanges «musclés», dans un conflit où les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril. Que s’est-il passé au juste? L’Iran a accusé mardi les États-Unis d’avoir violé le cessez-le-feu après des frappes américaines nocturnes dans le sud du pays. Washington a dit, de son côté, avoir ciblé des sites de lancement de missiles. Les prix de l’or noir restaient plus bas qu’en fin de semaine passée, mais les pertes de la veille ont été nettement amputées. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet a pris 3,58% par rapport à la clôture de lundi, à 99,58 dollars. Son équivalent américain, le West Texas Intermediate, pour livraison le même mois a terminé à 93,89 dollars. Le WTI s’affichait en baisse par rapport à la dernière clôture officielle, qui date de vendredi. Mais en hausse si l’on prend en compte les échanges qui ont eu lieu lundi, jour férié aux États-Unis (Memorial Day). «Le marché intègre l’idée d’un accord qui est en cours de négociation, dans un contexte où l’offre a été gravement compromise» ces derniers mois, indiquait Mark Malek, du cabinet Siebert Financial. «Il est peu probable que les prix descendent en dessous de 95 dollars tant que les deux parties ne seront pas parvenues à un accord, en raison de l’insécurité qui règne dans le détroit» d’Ormuz, pronostiquait pour sa part Gregory Brew, d’Eurasia Group.
Le pronostic sera démenti, le jour d’après Les cours du pétrole ont, en effet, nettement reculé mercredi, le marché tablant sur une résolution prochaine du conflit entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que la réouverture du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures.
Le Brent de la mer du Nord a perdu 5,31% à 94,29 dollars après avoir glissé jusqu’à 94,13 dollars. Le West Texas Intermediate a chuté de 5,55% à 88,68 dollars touchant un plus bas en séance, à 87,77 dollars. Peuvent-ils descendre plus bas? Tout dépendra du sort que connaîtra le détroit d’Ormuz, verrou stratégique par où transitaient 20% du pétrole consommé dans le monde avant le 28 février, début des bombardements américains et israéliens contre la République islamique d’Iran. Si la navigation à travers ce passage reprenait, les prix de l’or noir pourraient descendre jusqu’à 80 dollars le baril, selon Robert Yawger, de Mizuho USA. Le détroit d’Ormuz ne sera pas ouvert. Les prix du pétrole ne remonteront pourtant pas. Ils termineront en ordre dispersé jeudi, les opérateurs oscillant entre prudence et espoirs d’avancées diplomatiques entre les États-Unis et l’Iran. Le Brent de la mer du Nord a finalement perdu 0,62% à 93,71 dollars. Il avait touché un plus haut en séance à 98,20 dollars.
Le WTI a, pour sa part, grappillé 0,25% à 88,90 dollars. Les cours de l’or noir poursuivront leur marche arrière vendredi, les opérateurs se montrant résolument décidés à croire que les Etats-Unis et l’Iran parviendront à trouver un compromis pour un cessez-le-feu durable au Moyen-Orient. Le Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet, dont c’est le dernier jour de cotation, a reculé de 1,77% à 92,05 dollars. Son équivalent américain, le WTI, pour livraison le même mois, a cédé 1,73% à 87,36 dollars. Le baril aura bu le calice jusqu’à la lie…
