Les bureaux de vote ont ouvert dimanche 31 mai pour des élections législatives et communales devant marquer une nouvelle étape vers un retour à l’ordre constitutionnel. Mais de sévères restrictions des libertés et le boycott d’une grande partie l’opposition assombrissent le scrutin.
Quelque 6,9 millions d’électeurs sont appelés aux urnes lors de ces élections que de grands partis d’opposition ont appelé à boycotter. Les Guinéens doivent notamment élire leurs 147 députés qui devraient largement émaner de la mouvance présidentielle en l’absence des principaux partis d’opposition : ils ont été dissous en mars dernier par le gouvernement.
À l’ouverture des bureaux de vote l’affluence était faible, ont constaté des journalistes de l’AFP à Conakry et dans sa banlieue. « Je ne sais même pas pour qui voter », confie ainsi Mariatou, 18 ans, venue déposer son bulletin pour la première fois de sa vie en banlieue de Conakry. Alassane, étudiant de 23 ans, affirme ne connaître « aucun des candidats, tous de nouvelles figures inconnues ».
Le collectif des Forces Vives de Guinée, regroupant de grands partis d’opposition et des organisations de la société civile, a appelé à boycotter cette « mascarade électorale » qui instaure « une nouvelle dictature » du chef de la junte, Mamadi Doumbouya.
L’enjeu de la participation
La campagne s’est déroulée dans le calme mais sans engouement de la part des électeurs. La participation est un des enjeux de ces scrutins, quelques jours après la grande fête religieuse de la Tabaski lors de laquelle les Guinéens se retrouvent en famille.
Dans une note d’analyse, l’Institut d’Études et de Sécurité, un groupe de réflexion africain, s’inquiète du « risque » que des « structures politiques » soient « dominées par une seule force, avec pour conséquences un affaiblissement des contre-pouvoirs et une dégradation de la qualité de la démocratie. »
Mamadi Doumbouya a été élu président pour un mandat de sept ans le 28 décembre dernier après avoir pris le pouvoir par la force en septembre 2021. Ce scrutin présidentiel taillé pour lui s’est tenu sans adversaire d’envergure.
Plusieurs partis politiques ont par ailleurs été suspendus, les manifestations – interdites depuis 2022 – sont réprimées et de nombreux dirigeants de l’opposition et de la société civile ont été arrêtés, condamnés ou poussés à l’exil. Les disparitions forcées et enlèvements des voix dissidentes et de leurs proches se sont également multipliés.
(Avec AFP)
