L’Assemblée nationale examine le rapport de la mission d’information parlementaire consacrée à la commercialisation des produits Softcare au Sénégal. Au cœur du dossier : des inspections menées entre octobre et décembre 2025 dans l’usine de Softcare SN Company Limited, à Sindia, et une décision ultérieure de remise sur le marché des produits concernés.
Composée de onze membres, la mission s’est penchée sur les conclusions de l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP) et sur les suites données aux contrôles effectués dans l’établissement.
Des non-conformités jugées critiques
Selon le rapport parlementaire, les inspecteurs auraient relevé plusieurs non-conformités qualifiées de critiques, notamment la présence de matières premières périmées, l’absence d’un pharmacien responsable, l’insuffisance des dispositifs de quarantaine et des problèmes liés aux conditions de conservation.
À l’issue des contrôles, les inspecteurs auraient recommandé le maintien du retrait des produits concernés, jusqu’à la résolution des non-conformités et à la vérification de leur conformité.
Le communiqué du 16 décembre
Une nouvelle étape intervient le 16 décembre 2025. Dans un communiqué, la Cellule de communication et des relations publiques de l’ARP annonce la conformité des produits Softcare et leur remise sur le marché.
Le rapport parlementaire ne détaille toutefois pas les éléments techniques ayant conduit à cette décision ni les modalités précises de son adoption.
Les députés relèvent ainsi une divergence entre les conclusions attribuées aux inspecteurs, favorables au maintien du retrait, et le communiqué annonçant la conformité et la remise sur le marché.
Selon la mission, cette situation soulève des questions sur la chaîne de décision au sein de l’ARP et la coordination entre les services techniques et la communication institutionnelle.
Dix recommandations
À l’issue de ses travaux, la mission, conduite notamment par Khady Sarr, formule dix recommandations.
Les députés demandent notamment une clarification des compétences des autorités de régulation et l’achèvement du cadre réglementaire applicable aux produits de santé, cosmétiques et d’hygiène, avec notamment l’adoption du décret d’application attendu de la loi n° 2023-06 du 13 juin 2023.
Ils préconisent également un renforcement des procédures d’inspection, de l’encadrement des matières premières périmées et de la responsabilité du pharmacien responsable.
La mission recommande par ailleurs de formaliser la chaîne décisionnelle interne de l’ARP et de soumettre les communications relatives aux alertes sanitaires à une validation technique préalable.
Traçabilité et contrôles renforcés
Les députés souhaitent aussi moderniser les systèmes de traçabilité, notamment à travers un ERP sécurisé, l’horodatage des mouvements de stock et l’archivage des documents.
Ils demandent enfin un renforcement des contrôles internes des industriels, des capacités des laboratoires et de la coordination entre les institutions. Un suivi parlementaire régulier de la mise en œuvre des réformes est également préconisé.
Ces recommandations constituent les propositions de la mission parlementaire à l’issue de ses travaux. Leur mise en œuvre dépendra désormais des suites qui leur seront données par les autorités compétentes.
